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“39,7 jours ouvrés de travail gratuit pour les femmes en 2017”

Tous secteurs confondus, la différence de salaire entre les hommes et les femmes est de 15,8% (chiffre 2015 d’Eurostat). Cela équivaut à 39,7 jours ouvrés de travail gratuit pour les femmes : Mesdames, vous travaillerez gratuitement à partir du 3 novembre 2017 à 11h44 (cf les Glorieuses).

Etat des lieux : les résultats dans le marché de l’emploi.

Alors que 83% des grandes entreprises ont signé un accord sur l’écart des salaires, il nous reste encore un long chemin à faire. En effet, c’est chez les cadres que les différences de salaires sont les plus marquées : 15% en moyenne pour le même poste, dans la même entreprise, avec le même temps de travail. D’après l’étude de l’Apec consacrée aux écarts de rémunération en 2015, ces inégalités s’accroissent avec l’âge, l’ancienneté et les responsabilités.

“Aujourd’hui, il existe une stagnation des écarts de salaires entre les femmes et les hommes (un recul de 2 points en plusieurs années)»
(Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes).

Et dans le numérique ?

Étonnamment, c’est dans un des secteurs les moins représentés par la gente féminine que les femmes sont les plus chanceuses : celui du numérique !  Les femmes cadres y gagnent en moyenne 5,5% de moins que les hommes, ce qui reste cependant une inégalité des genres non négligeable.

C’est assez surprenant dans un secteur où la proportion de femmes fait partie des plus faibles : à peine 23% en moyenne dans les SSII. C’est chez Orange Business Services France que l’on trouve la proportion la plus élevée de femmes : 30% (JDN), un pourcentage tout de même faible.

Pourquoi autant de différences dans le secteur de l’informatique ?

“7% de femmes dans les BTS informatiques”

Cette grande différence d’effectif est la conséquence de stéréotypes populaires subis depuis l’enfance.

«Les stéréotypes de genre dans les films et les émissions de télévision sont plus que persistants. Nous avons sondé près de 1000 parents à travers le pays et nous avons constaté qu’ils croient que les médias ont une influence significative sur leurs enfants. » (Caroline Knorr, éducatrice)

S’ensuit une faible valorisation des métiers du numérique auprès des femmes lors des choix d’orientation effectués en terminale.

En effet, « Dans le secondaire, de même qu’au niveau de l’enseignement supérieur, la chute de la proportion de filles qui s’orientent vers les formations high-tech s’accentue. » (Gender Scan, 2017). On observe seulement 7% de femmes dans les BTS informatiques. C’est avant tout à cause de « l’imaginaire geek » qui vise plutôt les garçons.

« Dans l’enseignement supérieur, on retrouve les filles dans les filières de la biologie ou de la médecine, tandis que les garçons vont davantage s’orienter vers les maths et l’informatique. Il faudrait qu’elle se soient familiarisées avec cet univers par le biais de l’enseignement » (Isabelle Collet, maîtresse d’enseignement et de recherche à la section des sciences de l’éducation de l’université de Genève)

Quelles sont les pistes d’évolution​ ?

Il existe aujourd’hui plusieurs organisations qui luttent contre l’inégalité homme-femme dans le monde professionnel.

E-mma est une association qui défend la parité homme femme dans l’informatique. Elle a été créée par deux étudiantes d’Epitech en 2013.​ La référente E-mma Toulouse, Lily Alice, a accepté de répondre à quelques questions.

  • Comment décririez vous E-mma ? Quel est le but de cette association ?

“Comme une association de l’Ecole Epitech qui est née d’un constat évident : même si le secteur de l’informatique est en pleine expansion, c’est un secteur qui reste globalement masculin. Le but de l’association est de promouvoir la mixité au sein de l’Ecole mais plus généralement dans le numérique.”

  • En quoi la petite proportion de femme dans le numérique (en moyenne 23% dans les SSII) est un problème ?

“Les femmes ne vont pas vers ces métiers-là par ce qu’elles pensent que ce sont des métiers “d’hommes”. J’ai envie de faire comprendre à ces femmes que le numérique c’est pour tout le monde, qu’il ne faut pas avoir peur ou hésiter si cela nous plaît.”

  • Quelle est votre démarche face aux étudiant(e)s réticent(e)s avec l’idée des femmes dans le numérique (7% de femmes en BTS informatique) ?

“Notre démarche face aux étudiant(e)s est à la fois interne et externe.

En interne, nous organisons des événements pour défendre l’intégration de toutes et de tous à Epitech (soirées d’intégration, goûters, aide aux personnes qui ne se sentiraient pas à leur place dans l’école, organisation de meet-up).

En externe, nous invitons les étudiantes et étudiants à se lancer dans ce secteur s’il les intéresse. Nous proposons des sessions de code, des visites de l’école et nous sommes présents pour parler sur des stands/forums/hackathons. On montre que le numérique est destiné à tous, peu importe son genre. On essaye de plus en plus d’intervenir dans des collèges/lycées pour partager notre point de vue.”

  • Est ce que pour vous l’éducation pré-universitaire est un frein à l’orientation des femmes dans le numérique ?

“Les établissements secondaires sont souvent fermés sur ce domaine. On admet et conseille souvent aux filles que ce ne sont pas des métiers pour elles… De ce fait, elles s’orientent vers des milieux dis plus “féminins”.”

  • D’après vous, comment est-il possible d’augmenter le nombre de femme dans le numérique ?

“De mon point de vue, il est possible d’augmenter le nombre de femmes dans le numérique en parlant et en encourageant ces femmes à suivre une voie qui leur correspond. Nous sommes là pour les rassurer en leur disant qu’elles peuvent le faire et qu’elles peuvent réussir malgré tout. Plus on parle avec ces femmes qui hésitent mais qui sont motivées, plus il y aura de chances qu’elles s’orientent vers ce milieu et qu’elles s’y épanouissent.”

Quelques chiffres dans le monde

Si vous cherchez à être considérée comme égale à la gente masculine, il vous suffit d’à peine 3h de vol : encore une fois, ce sont les pays nordiques qui sont les grands gagnants de cette course au bien-être. Avec comme leader la Finlande qui est le second pays mondial dans le classement concernant l’égalité homme-femme et dans celui des pays les plus compétitifs dans le domaine des technologies.

D’après le World Economic Forum, la France n’est que 45ème mondiale au niveau de l’égalité homme-femme derrière les Etat-Unis, le Canada et les pays anglo-saxon. Sur le haut du podium, on retrouve l’Islande.

Pour finir : selon le dernier rapport de cet institut, l’égalité hommes-femmes serait à prévoir pour 2186.

 

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