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Nous avons la chance sur Staffman de rencontrer tous les jours énormément de sociétés avec des qualités remarquables !

 

Aujourd’hui, nous avons voulu mettre en avant l’une d’entre elles qui porte des valeurs que nous trouvons importantes dans notre société et qui apporte de vraies réponses aux besoins business !

 

Auticonsult, filiale du groupe européen Auticon (Allemagne, Royaume-Uni, Suisse,…) est une SSII employant essentiellement des personnes avec autisme en tant que consultants en informatique, finance et contrôle de gestion.

Afin de mieux comprendre leurs services et ce qu’ils apportent, nous nous proposons de poser quelques questions à Gabrielle Blinet (Chargée de Développement).

Bonjour Gabrielle, première question qui nous vient : pour quel type de poste peut-on faire intervenir des consultants autistes ?

Les personnes autistes peuvent travailler dans tous les métiers et dans tous les domaines : IT, finance, médecine, agriculture, recherche, traduction, horlogerie, photographie…

La réussite de plusieurs autistes Asperger (Bill Gates, Mark Zuckerberg,…) a été médiatisée dans le domaine de l’IT.

C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, spontanément, on associe souvent « autisme » et « informatique ».

C’est aussi parce que les forces cognitives typiquement autistiques sont très valorisées dans ce domaine. Néanmoins, d’autres personnes autistes ont fait succès dans la musique, l’écriture, le journalisme, la recherche ou la mode mais ont été peut-être moins médiatisées.

La réussite d’une personne autiste dans son emploi n’est pas dépendante du type de poste (ingénieur, commercial, etc.), mais elle dépend plutôt :

1) du type de management et d’environnement de travail que l’on proposera à la personne autiste

2) de l’adéquation entre le contenu du poste et les zones de forces du professionnel autiste.

Les personnes autistes possèdent souvent les forces cognitives suivantes :

  • sens du détail,
  • mémoire importante,
  • rigueur intellectuelle,
  • détection d’erreurs,
  • grande intégrité,
  • franchise et loyauté.

Les personnes autistes passionnées par l’IT présentent souvent en plus un haut niveau d’analyse logico-mathématique couplé à la capacité de « pattern-recognition » (visualisation de patterns ou corrélations dans des ensembles de données complexes).

D’autres autistes peuvent ne pas posséder ces compétences d’analyse logico-mathématiques, mais être en revanche « hyperverbaux », ce qui pourrait faire d’eux de bons rédacteurs, correcteurs, consultants en analyse de politiques publiques, journalistes, écrivains, interprètes ou traducteurs.

D’autres auront une pensée extrêmement visuelle, ce qui peut les amener à évoluer aisément dans le milieu du graphisme, du design, de l’ingénierie ou même de la recherche (je pense à la chercheuse américaine et autiste Temple Grandin, qui a fait une superbe conférence TED sur la neurodiversité, et qui possède une pensée visuelle lui ayant permis de concevoir des aménagements innovants pour réduire le niveau de stress du bétail dans les abattoirs).

Quelles sont les activités sur lesquelles ces profils ont des difficultés ?

Les personnes autistes ont des difficultés à comprendre l’implicite, les sous-entendus, le second degré et certains codes sociaux. De plus, elles sont souvent très franches, très directes : elles disent toujours exactement ce qu’elles pensent, et jamais ce que l’autre souhaite entendre. De mon point de vue, ce dernier point est plutôt un avantage, car c’est un moyen de mettre en place des relations professionnelles saines, sans quiproquos, sans flatteries, sans hypocrisie, grâce à une communication efficace, droit au but.

En parallèle de ces maladresses sociales, les personnes autistes font preuve de grande aisance intellectuelle dans leurs zones de talents. Ce sont des profils hétérogènes. Avec une bonne sensibilisation, le collectif de travail peut comprendre les spécificités des personnes autistes. Il suffit de respecter quelques recommandations simples pour que tout se passe bien. Par exemple, tel consultant aura plus de difficultés à mener un projet à bien si toutes les consignes lui sont données oralement de manière informelle : dans ce cas, nous conseillerions à l’équipe de passer par l’écrit et de rédiger une feuille de route explicite.

Certains consultants avec autisme, hyperacousiques (avec l’ouïe très sensible), peuvent ressentir le besoin d’aller déjeuner dans un endroit calme en dehors de l’entreprise, et d’éviter les cantines ou réfectoires souvent bruyants.

Quel type de management doit être mise en place pour la gestion de ces ressources ?

Le courage managérial couplé à une sincère ouverture à la différence de l’autre et à une bonne dose de bienveillance me semblent fondamentaux. Pourquoi ? Parce que les personnes avec autisme ont parfois un côté décalé, dans leurs comportements ou dans leur apparence physique.

Il faut accepter cet autre qui ne rentre pas dans le cadre habituel, accepter cet autre qui parfois peut faire des maladresses sociales. Quand on a le sens de l’humour, on peut en rire, et cela amène une touche de fraîcheur et de joie sur le lieu de travail. Le mot« courage managérial » me semble important, car cela suppose qu’un dirigeant ou manager accepte l’idée que l’autisme ne rime pas obligatoirement avec danger pour son équipe ou déficience mentale (en effet seuls 30% des personnes du spectre de l’autisme souffrent d’une déficience intellectuelle).

 

 

Ensuite, le manager doit être orienté résultats : il est préférable de juger une personne autiste sur les résultats qu’elle obtient, et non pas sur les moyens qu’elle utilise pour y arriver, qui sont souvent atypiques et qui peuvent surprendre les équipes.

C’est cette pensée autistique, atypique dans sa manière d’aborder les problèmes et de les résoudre, qui peut être source d’efficacité, de créativité et d’innovation pour l’entreprise. D’ailleurs de nombreuses études ont déjà prouvé à quel point la diversité des profils peut être vecteur d’efficacité, de dynamisme et d’innovation, notamment du fait des perceptions et des analyses différentes et complémentaires des personnes.

Est-ce qu’il y a un aménagement spécifique à faire dans les conditions de travail (environnement, horaires, … ) ?

Des adaptations ergonomiques peuvent être envisagées en fonction des hypersensibilités sensorielles du consultant (arrêt des néons, bureau isolé, etc.). Mais le principal aménagement tient dans un changement du mode de communication : les managers doivent autant que faire se peut, adopter une communication limpide.

Dernière question, quelles sont les ambitions d’Auticonsult ?

Nous sommes une jeune société, créée en 2015 mais facturant réellement nos premiers clients depuis 2016. Notre première ambition est de consolider notre cœur de métier, l’IT, en réussissant des missions dans ce secteur et en gagnant ainsi la confiance de nos clients sur le long terme.

Nous sommes actuellement une quinzaine et nous souhaitons doubler notre effectif d’ici la fin de l’année. En termes d’implantations, beaucoup de nos clients sont franciliens, mais nous en avons désormais quelques-uns en région toulousaine, dans les Hauts de France ainsi qu’en Bretagne. Nous envisageons également de nous développer dans le domaine de la Finance et du Contrôle de Gestion, car nous observons que beaucoup de personnes autistes sont intéressées par ces domaines, dans lesquels de nombreux acteurs économiques ont des besoins.

 

Merci beaucoup Gabrielle pour ces réponses.

Si vous êtes intéressés, je ne peux que vous recommander de vous rapprocher d’Auticonsult.

Si vous avez des retours d’expériences, n’hésitez pas et laissez-nous un commentaire.

 

 

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